Rendez-vous au 14

  • Café blasé

    Cette fois, mon café glacé a la saveur d'une autruche. Très en colère. Il ne manque plus que les plumes pour qu'il lui pousse des ailes. L'eau et l'air, tout et son contraire... Pourquoi l'ai-je bu ? L'ai-je voulu ? Il m'a plu. Vous le savez, je l'ai bu, alors, qu'attendez-vous de savoir de plus ? Vous aimeriez que je vous raconte, ce nectar aigu, cette coquille tiède qui, percée à jour, vous déverse son œuf marron glacé, cette cassonade qui se fait désirer. Vous auriez voulu que je vous dise, qu'il vous séduise, que vous flûtes enchantées de le savoir ! Mais vous l'eussiez bu à ma place. Cela ne s'eût pu. Jamais ! Allez tous vous faire boire ! Moi je préfère vous noyer dans la noirceur, vous étouffer avec des plumes d'autruche très énervée, tout en vous évitant le ridicule du redondant. Permettez-moi d'étendre votre palais aux succursales de mes goûts contrastés, sans avoir à trop en dire. Il suffira de délier vos langues, sans en baver. Ce qui ne sera pas donné, je le concède. Et reprendre sera voler.

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    Catégories : Prose poétique
  • Dire pour Agir

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    Du 29 septembre au 14 décembre 2015, j'ai suivi la formation Dire pour Agir. Elle a pour but d'enseigner les bases de l'animation socioculturelle, en se focalisant sur les pratiques orales et écrites : ateliers s'écriture, conte, lecture à voix haute, récit de vie, slam, etc. Pour celles et ceux qui seraient intéressé(e)s, sachez qu'elle se déroule à Liège, Verviers et Namur (prenez contact avec le PAC pour plus d'informations). Si je vous en parle aujourd'hui, c'est pour faire le point sur l'usage possible du jeu de rôle sur table en tant qu'outil d'animation socioculturelle. En effet, j'ai proposé à l'équipe d'animer une journée de formation continuée sur le jeu de rôle. La proposition a été globalement bien accueillie, voici le compte-rendu de cette journée enrichissante.

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    Catégories : Ludologie
  • Ainsi, je mourrai

    La bière coule en moi comme un volcan. L'amer dévale le dédale de mes pensées, saturées, je voudrais m'y noyer, mais le feu aura raison de moi avant que je ne cesse de respirer. Je veux mourir étouffé, privé de câlins, mais saoul. Dévoré, consumé, mais entier. Je veux n'être qu'un cadavre, un pied de nez à la réalité, qui dit merde à tout sauf au bon sens. Même au bon goût. Je veux me fumer, me rôtir à la broche, au moins j'aurai une bonne raison de tourner en rond. Je veux me dépecer, m'arracher la plume et tacher vos vies avec mon sang. Ainsi, je saurai que mes mots vous auront touchés.

    Catégories : Prose poétique
  • La chute originelle

    La pluie était tombée, tellement fort que le Ciel avait rejoint la Terre. Les titans soupirèrent longuement, plongés à nouveau dans le Chaos originel. Au moins, la pluie avait cessé. Stagnante, elle devint l'Océan. Alors le Ciel et le Terre conçurent à nouveau le monde... mais, cette fois, sans nuages.

    Catégories : Prose poétique
  • Cœur de bière

    Moi qui suis si terre à terre,
    J'ai pourtant la sensation
    Que se rêve l'émotion
    Dans un double fond de verre.

    Sous l'esprit de ce charbon
    S'infuse mon cœur de bière,
    Brassé comme un goût d'hier
    Pour les vertus du houblon.

    Se diffuse en moi l'amer
    D'un phénix en ma potion
    Dont les griffes se resserrent,

    Et qui me donne l'aplomb,
    Sans nul charme de sorcière
    De brûler sans consomption.

    J.C. 3 mars 2009

    Catégories : Poèmes
  • La tombe de sel

    Elle venait de prier les dieux de la satiété, pour encore souffrir, encore avoir faim. C'était sa raison de vivre, ressentir ce manque : un trou béant fait de honte et de désirs inavouables. Ils l'exaucèrent. Elle eut faim comme jamais : victime d'un appétit maléfique, elle voulut engouffrer toutes sortes de choses dont elle ignorait jusqu'à l'existence. Mais sa faim la creusait, comme une tombe. C'était ce qu'elle voulait : mourir dans l'envie, au plus proche de son être. Et lorsque, enfin, elle eut tout dévoré de son monde intérieur, elle se mangea elle-même avec un peu de sel. Et tous la regardèrent se décharner sans lever le petit doigt, de peur qu'elle ne le mange aussi. Quand il ne resta plus que le crâne qui mastiquait ses propres dents, des curieux se dispersèrent tandis que d'autres se mirent à prier, adressant à ce nouveau dieu leur désir de satiété.

    Catégories : Prose poétique
  • Deuil de Sphinge

    Je cauchemarde à cette idée
    Qu'au bout de moi le vide espionne
    Au quart de tour, pour me piéger.

    Je rêverais que tu me guettes
    À mon retour, griffue lionne,
    Tant que s'accule en moi la bête.

    Je songe à toi la nuit venue :
    Deuil de Sphinge qui me questionne,
    La prime peur dont l'oeil se tue.

    Je dors pourquoi ? J'attends la mort
    Comme un cerveau qui se rationne,
    Une illusion devant la mort.

    Réveille-toi, maudit humain !
    C'est l'avenir qui t'auditionne,
    Et toi tu fuis les lendemains ?

    Pense à ton coeur, il te fait vivre
    Et non souffrir ; il se passionne
    Pour un éther où l'âme est ivre.

    Deviens toi-même au prix coûtant,
    La liberté, tu l'ambitionnes,
    Dérobe à point le fruit du temps.

    J.C. 26 février 2009

    Catégories : Poèmes