• Le Soupirail

    Le soupirail
    08 novembre 2009

    Les coeurs qui crient m’ont enchassé
    Où que leurs sons s’en soient allés.
    Qu’il serait temps de s’en passer !
    Lèvres au vent, l’oubli halé.

    Je soupire en vain, je soupire enfin.
    Il fut un temps pour écrire « aïe ! »,
    Un autre en corps, qui n’a de fin,
    Pour épurer le soupirail.

    Quand tendras-tu ta main de roi,
    Si magnanime en vers de soie,
    Pour écouler ces murs sans toi,
    Ces fruits rongés autour de moi ?

    Les coeurs qui crient m’ont tant lassé
    Que je m’en sers où que tu ailles
    Quand se tarit l’amour blessé
    Dans les bas fonds du soupirail.

    Catégories : Écriture, Poèmes
  • Par des mots d'errance

    Par des mots d'errance de Delphine BOUNEB
    Aux Editions Chloé des Lys, 2007.

     

    erranceUn froid désert éternellement défiguré. Au milieu de nulle part, une allée dallée sans début ni fin joignant deux horizons intouchables. Un être arpente ce chemin le sabre au poing, une plume mortelle au baudrier. Il contemple une surbrillance aride, une myriade d'éclats. Est-ce un jeu de lumières, un trésor enfoui, des lames qui s'affrontent ? Ou les larmes du ciel... Un vent de nostalgie vient caresser ses pas songeurs. Il balaye un sable mêlé de passé, les bords du sentier sont en cendres de papier. Mais la denrée la plus précieuse en ce désert est l'encre des souvenirs. Une encre nourrie au sang des entrailles de la terre, une terre hostile et envoûtante.

     

    Morceaux choisis :

    Dans les sables mouvants, creusant leurs derniers pas,
    Le nacré d'horizon a jailli d'un fracas.
    Crayonnant de son art, mosaïques des murs,
    De contours douloureux de chimères obscures.


    J'ai peint les mosaïques éclaboussées de sable. Plume d'errance, p. 16.

    Tels des flocons tombant, lorsque l'éclair arrive,
    Neige blanche qui s'étend, en recouvrant les rives,
    Je souris aux demains, en songeant à nous deux,
    Pour ne croire qu'au refrain des enfants malheureux.


    Tous nos secrets s'effacent lorsque tombe la pluie... Plume de coeur, p. 26.

    Un carnet à ses pieds, l'image des armures,
    Méandre des épées, paginées de tortures.
    L'homme s'effondre dans le sable, une plume aux lèvres,
    En un rythme impalpable, il empoigne son glaive.

    Puis jaillit de son corps, une coulée de noirceur,
    Des écrits et trésors, terrés en première heure.


    Un homme meurt seul dans le désert. Plume obscure, p. 30.


    Retrouvez Delphine Bouneb, alias Sahel, sur son site : Le Grenier des Mots-Reflets

    Catégories : Coups de noir