• Jules Cybèle : une histoire de symboles

    Pseudonyme & initiales

    Si l’on aborde le livre par le dos, en cherchant le nom de l’auteur, on lira simplement : J.C. Cela est volontaire, je vise toujours l’imaginaire en premier. À quoi renvoient ces initiales dans notre imaginaire ? J’escompte : Jésus-Christ, voire Jules César.

    Pourquoi ces références implicites ?

    Deux figures emblématiques chargées de symboles : un martyr et un conquérant. Dont le point commun est d’avoir été mis à mort. Le sang versé est symbole de trahison, de vie volée, de violation. On peut même parler de profanation, car tous deux sont sacralisés après leur mort. Et pour couronner le tout, ils ont chacun bravé la mort à leur façon sous la forme d’avatars divins.

    Par ces actes de divinisation, je vois un refus de considérer la mort comme une fin. L’immortalité, résonne pour moi comme un deuil inachevé. Une façon de minimiser la distance qui nous sépare de l’être disparu. Le deuil a souvent guidé ma plume jusqu’à maintenant. Cependant, la mort n’en a jamais été l’impulsion de départ.

    Quant à l’amour, c’est une autre histoire. À lire Jules Cybèle, on se rend compte que l’amour entraîne quelque chose de mortifère. Il blesse, fait couler les émotions du cœur comme le sang de Jésus sur la croix, dénoncé par Judas, ou celui de César, trahi par ses pairs. Trahison entraine déception, comme l’amour. Ici, pour Jésus Christ, Jules César ou Jules Cybèle, elle conduit même à la mort.

    Jules Cybèle

    L’extase religieuse des fidèles de Cybèle, déesse primordiale de Phrygie dont le culte était assez répandu dans l’empire romain, les conduisait parfois jusqu’à l’émasculation. Amour divin et fusionnel menant à la destruction de soi au profit de l’entité protectrice. Où l’amour et la mort se rencontrent, comme une naissance inversée, un retour au sein maternel.

    Au-delà de la morbidité et de l’effroi qu’elle suscite, ou même de l’annulation de soi, j’ai choisi d’aborder la mort comme une éternelle naissance, une impulsion de vie : « Le Jet ».

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