• À quels espoirs le néant sourit-il ?

    L'espoir est le fantôme de l'envie, tandis que sa douleur est esclave de l'ennui. J'aurais mieux fait d'être mort. Mais je cultive, comme tout un chacun, j'imagine, le goût pour la médiocrité de l'existence. Enfin, la douleur est la somme d'une vie : une analepse interminable. Tel un néant qui nous sourit. (Sommes-nous l'espoir ?) Ma solitude se meurt, parmi tant d'autres, au milieu de mille sollicitudes. Elle rend son dernier souffle que l'ennui lui a prêté. À quels espoirs peut-on se fier quand les mots soupirent pour en parler ? Et l'écrire n'est-il pas qu'illusion ? Un rêve qui n'arrive jamais ? Un miroir qui ne reflète que lui-même ? Qu'importe, tant que le doute l'emporte... Fais-moi rêver, fais-moi être, fais-moi douter. Façonne l'espoir. Façon de parler.

  • Sourire sans façon

    Après la chance, c'est le néant qui me sourit. Vilenie. Comme une panthère née en captivité. Adoucie. Comme un masque de carnaval un jour d'épiphanie. Tromperie. Me regardant sombrer dans la vase de mes pensées. Avachies. Soudain ! ce fut une avalanche de silences, qui survint sans crier gare. Comme une pluie de flèches à pointes de silex, ruines assassines d'un autre temps, qui auraient transpercé les âges. Et l'espoir d'un autre soir. L'espoir d'un autre. L'espoir... L'avenir est un point de fuite absolu. Vers où convergent les traits de ma douleur. Les traits de ma douleurs perdue. Anéantie. Épilogue de toutes mes passions. Elles aussi, fuyantes, inaccessibles, comme une anguille sauvage. Après la nuit, c'est le néant qui me sourit.