Poèmes

  • Cœur de bière

    Moi qui suis si terre à terre,
    J'ai pourtant la sensation
    Que se rêve l'émotion
    Dans un double fond de verre.

    Sous l'esprit de ce charbon
    S'infuse mon cœur de bière,
    Brassé comme un goût d'hier
    Pour les vertus du houblon.

    Se diffuse en moi l'amer
    D'un phénix en ma potion
    Dont les griffes se resserrent,

    Et qui me donne l'aplomb,
    Sans nul charme de sorcière
    De brûler sans consomption.

    J.C. 3 mars 2009

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  • Deuil de Sphinge

    Je cauchemarde à cette idée
    Qu'au bout de moi le vide espionne
    Au quart de tour, pour me piéger.

    Je rêverais que tu me guettes
    À mon retour, griffue lionne,
    Tant que s'accule en moi la bête.

    Je songe à toi la nuit venue :
    Deuil de Sphinge qui me questionne,
    La prime peur dont l'oeil se tue.

    Je dors pourquoi ? J'attends la mort
    Comme un cerveau qui se rationne,
    Une illusion devant la mort.

    Réveille-toi, maudit humain !
    C'est l'avenir qui t'auditionne,
    Et toi tu fuis les lendemains ?

    Pense à ton coeur, il te fait vivre
    Et non souffrir ; il se passionne
    Pour un éther où l'âme est ivre.

    Deviens toi-même au prix coûtant,
    La liberté, tu l'ambitionnes,
    Dérobe à point le fruit du temps.

    J.C. 26 février 2009

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  • Mots restés

    Le vide est inspiré
    Par ce que l'on veut tuer de soi,

    Souvenirs souffreteux
    Et autres vérités du terroir.

    Il faut, pour s'accomplir,
    Agir au devant des non cachés.

    Parler est être lent,
    Nier, se réduire aux mots restés.

    J.C. 10 mars 2009

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  • Optimisme philosophique

    Candide est mort, il demande l'aurore
    Au pied du château fort.
     
    Et si la belle attend son heure
    Dans la frayeur de son appel,
     
    Il lui pardonne autant que son cœur donne.
    Mais son esprit raisonne :
     
    L'amour s'estompe où point la peur,
    Ce sont deux sœurs qui ne se trompent.
     
    Qu'en dit Voltaire au cru de sa Lumière ?
    Il est plus terre-à-terre :
     
    L'amour est art de perfection
    Sans affection que pour son dard !
     
    Suis-je frustré de n'être point lustré ?
    Cela semble illustré.
     
    Se décharger rompt la tension,
    Mais l'attention peut soulager.
     
    J. C.
    1er janvier 2009

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  • Et tu seras libre

    Tristesse, amie fidèle,
    Je t'ai trop bien chérie ;
    Pourtant, tu es si laide...
    Et tu voudrais partir ?
    Mais je te sais captive :
    Enchaînée à nos vies,
    À nos joies brûlées vives.
    Embrase-moi plus vite !

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  • Détournement

    Sa morsure est le sourire de la beauté,
    Et les femmes ont de sacrées bonnes dents, quand j'y pense !
    Comme si le serpent de leur cruauté se croquait la queue...
    À tel point que je me demande si ce n'est pas le serpent qui s'est donné la mort en mordant Cléopâtre.

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  • Auteur d’un soir

    C’est aux confins de l’aigreur
    Que s’efforce de penser votre auteur

    Il geint de tout son cœur
    Fendu comme le ciel aux couleurs de l’orage

    Il gronde l’enfant dans son sommeil
    Qui ne veut jamais se taire

    Étouffe sa vie dans un battement de colère
    Et s’apitoie loin de lui-même

    Près de toi

    Toi le lecteur avide
    Qui ne comprends rien à ses déboires

    Ou qui les confonds avec les tiens
    Par paresse empathique

    Pourquoi fait-il cela ?

    Parce qu’il ne craint pas ta critique
    Il la provoque

    Sur son domaine, il ne craint pas l’échec
    Il sait que tu t’en délectes

    Catégories : Écriture, Poèmes